mardi 13 janvier 2026

"Pastorale américaine", Philip Roth, 1

 J'ai relu récemment le roman culte de Philip Roth, "Pastorale américaine", découvert à sa sortie en 1997 chez Gallimard. Je me fais un plaisir de m'adonner à la relecture des grands romans du XXe. Et la "Pastorale américaine" appartient à cette catégorie. Ce sixième volume du cycle Nathan Zuckerman et le premier de la trilogie américaine raconte l'histoire de Seymour Levov, un ancien sportif très célèbre dans sa jeunesse, fréquentant le même lycée que le narrateur, l'écrivain Zuckerman. Seymour, surnommé "Swede", est un juif américain, devenu homme d'affaires. Incarnation de la réussite sociale, cet homme heureux, équilibré, est amoureux de sa très belle épouse, Dawn, ancienne miss New Jersey d'origine irlandaise. Pourtant, derrière cette façade idéale, il va perdre toutes ses certitudes et tout son bonheur conforme et confortable. Car sa vie personnelle se brise sur les aspérités des tourments politiques et sociaux de son pays dans les années 60. Bien des années plus tard, Seymour croise de nouveau son ancien copain, devenu écrivain. L'homme d'affaires lui demande d'écrire un livre sur son père, fondateur de l'entreprise, une ganterie prospère. Ce projet ne voit pas le jour. Nathan apprend alors la mort de Seymour par son frère à l'occasion d'une réunion d'anciens élèves. Le roman prend alors sa vitesse de croisière quand la vie familiale de Seymour se dévoile davantage. Sa fille, Merry, à l'âge de seize ans, se révolte contre la guerre du Vietnam et commet un acte criminel dans la poste locale en tuant un homme. Cet attentat dévaste la vie des ses parents. Merry prend la fuite après cet attentat. La grande question qui taraude Seymour éclate dans toutes les pages du roman : comment sa petite fille modèle est-t-elle devenue une terrorriste recherchée dans son pays ? Philip Roth tente d'apporter une réponse : "Un jour, Seymour se rend compte qu'il ne connaît plus sa fille, ne reconnaît plus sa fille, et surtout lorsque celle-là commet un acte terrorriste dans la paisible bourgade où elle vit. Personne ne connaît réellement personne". (la suite demain)

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire